Lorsqu'un dégât des eaux survient, les premières heures ne servent pas à désigner un responsable : elles servent à limiter les dommages, à identifier l'origine probable et à conserver les informations utiles. Le reste se décide plus tard, dossier en main.
Limiter le dommage
Avant tout, on protège les personnes et on arrête l'aggravation. Selon la situation, il peut s'agir de couper l'arrivée d'eau accessible, de protéger les personnes, d'éloigner les appareils électriques, de ne pas manipuler une installation dangereuse, de contacter les secours en cas de risque immédiat, de prévenir l'occupant du local d'origine supposée et de contacter le service d'urgence prévu par l'immeuble, s'il existe.
Une mesure conservatoire n'établit pas la responsabilité : elle ne fait que protéger l'immeuble et ses occupants.
Prévenir les bons interlocuteurs
Une fois le danger écarté, il faut informer les bons interlocuteurs, car c'est ce qui permet à chacun d'agir dans son rôle. Les personnes à prévenir dépendent du cas : le syndic, le propriétaire, le locataire ou un voisin selon qui est concerné par le sinistre, mais aussi, lorsque la situation le demande, l'assureur, un prestataire, un plombier, une entreprise de recherche de fuite ou les secours.
Le syndic doit être informé lorsque le dommage touche ou peut toucher une partie commune, plusieurs lots ou un équipement collectif.
Décrire les faits
Un signalement utile est précis et daté. Il devrait comprendre l'adresse, le bâtiment et le lot, la date et l'heure, la localisation et l'évolution constatée, les locaux touchés et les mesures prises, les personnes présentes, des photographies et la mention d'éventuels travaux récents.
Distinguez toujours le constat de l'hypothèse : ce que vous avez vu n'est pas la même chose que ce que vous supposez.
Conserver les photographies
Les images prises tôt valent souvent mieux qu'un long récit. Prévoyez une vue générale et la zone précise, puis l'étendue du sinistre, les biens endommagés, les relevés et l'évolution dans le temps.
Organiser la recherche de l'origine
Trouver la fuite peut demander plus qu'un coup d'œil. Selon les besoins, cela peut mobiliser une inspection, l'accès à plusieurs lots et le contrôle d'une canalisation, un test d'étanchéité ou une recherche non destructive, voire une ouverture ou une intervention spécialisée.
Déclarer le sinistre
La déclaration relève souvent de plusieurs contrats à la fois : il vaut mieux les examiner ensemble plutôt qu'un seul. Pensez à passer en revue :
- l'assurance de l'immeuble ;
- l'assurance du propriétaire ;
- l'assurance du locataire ou de l'occupant ;
- les délais de déclaration ;
- les formulaires à remplir ;
- les franchises applicables et les justificatifs à fournir ;
- les modalités d'expertise.
Le syndic gère le dossier relevant de l'assurance de la copropriété. Chaque propriétaire ou occupant respecte, de son côté, ses propres obligations contractuelles.
Distinguer trois questions
Un dégât des eaux mélange trois questions qu'il faut séparer : l'origine, la responsabilité et la prise en charge. Ces trois réponses ne sont pas nécessairement identiques : l'origine d'une fuite ne désigne pas automatiquement le responsable, et le responsable n'est pas toujours celui qui paie in fine.
Conserver le dossier
Tout se joue sur la traçabilité. Réunissez au même endroit l'ensemble des pièces du sinistre : le signalement initial, les photographies et les échanges, puis les rapports, les factures d'urgence et les devis. Ajoutez-y les déclarations et le numéro de sinistre, l'expertise et les décisions prises, et enfin le suivi des travaux, leur réception et les paiements.
Points à retenir
La méthode tient en quelques réflexes : limiter le dommage avant tout, puis décrire les faits sans confondre constat et hypothèse. Il faut informer le syndic lorsque les parties communes sont concernées, conserver la chronologie et les photographies, et garder à l'esprit qu'origine, responsabilité et prise en charge sont trois questions distinctes.
Avertissement
Cette page décrit une méthode pratique de réaction et de constitution de dossier. Elle ne se substitue pas aux conditions de votre contrat d'assurance ni aux règles de votre règlement de copropriété, qui déterminent les déclarations, délais et prises en charge applicables à votre situation.
